Haute visibilité : de l’intérêt d’être vu

A chaque profession ses travers. Il y a l’ouvrier agroalimentaire qui endure la température basse des chambres froides, le soudeur qui fait fondre le métal en fusion à coup d’arcs électriques, le pompier qui brave les flammes en supportant chaleur, gaz et fumée. Et puis il y a ceux qui, au milieu des autoroutes, chantiers ou pistes d’aéroport, sous le soleil ou sous la pluie, de jour ou de nuit, esquivent les engins et font de leur mieux pour œuvrer en toute sécurité.

Métier à risque

Double peine pour ces ouvriers de l’extrême qui, outre les contraintes liées à leur métier, doivent aussi supporter une météo capricieuse. Si le quotidien des professionnels qui travaillent en extérieur peut être pénible, celui de ceux qui interviennent à pied sur le domaine routier peut également s’avérer très dangereux.

Les surveillants de travaux, agents de voirie et forces de l’ordre doivent prendre garde à naviguer en toute sécurité au sein de leur environnement. En tant qu’usagers de la route passifs, ils sont présents sur une aire normalement réservée aux véhicules roulants qui de fait, ont priorité sur les piétons. A eux, donc, de faire preuve d’une attention sans faille. Parce que prendre d’infinies précautions ne suffit pas à dissiper le danger, il convient en prime d’opter pour des vêtements adaptés aux milieux à faible visibilité.

A tâtons

Travailler de 8h à 17h en bureau climatisé ou de nuit dans le brouillard, c’est fondamentalement différent. Si les premiers peuvent se permettre un brin de fantaisie dans leur tenue, il incombe en revanche aux seconds de porter une tenue adéquate qui puisse les protéger efficacement.

Lorsque la zone de travail s’apparente à une voie normalement réservée à la circulation de véhicules, il convient d’être particulièrement vigilant. Les voitures, camions, pelles et autres engins de chantier se déplacent sans forcément penser qu’il puisse s’y trouver également du personnel à pied. Lorsqu’en plus la météo s’y met et n’offre que peu de visibilité aux conducteurs, il devient quasiment impossible de déceler la présence des travailleurs sur le terrain. La solution pour les rendre facilement identifiables ? Des vêtements haute visibilité !

De mille feux

Les vêtements professionnels ont cela de spécifique qu’ils répondent à des exigences concrètes inspirées de l’environnement des travailleurs. Parce que chaque zone présente des risques pour ceux qui les fréquentent, il convient de prévoir des équipements à même de les en protéger. A tout danger correspond une protection adéquate. Lorsqu’il s’agit d’un manque certain de visibilité, alors il appartient aux professionnels de porter des vêtements haute visibilité dont les attributs sont le gage d’une meilleure détection et d’une sécurité accrue.

Pour être facilement reconnaissable sur un chantier au beau milieu des tracteurs et pelleteuses, dans la poussière et le brouillard et à la tombée de la nuit, il faut frapper fort ! La tenue de travail des hommes de l’ombre combine couleurs vives et bandes rétro réfléchissantes. Les tissus et empiècements qui composent les EPI de haute visibilité sont l’assurance pour les usagers de se faire remarquer quelles que soient les conditions.

Haute technologie

Le soleil qui tape et les camions qui brassent la poussière gâchent la visibilité normalement optimale en plein jour. L’équipement de protection individuelle est alors conçu en un tissu fluorescent qui réagit aux ultraviolets du soleil et contraste avec les couleurs naturelles de l’environnement. Le coloris (jaune, orange ou rouge) doit être visible sur l’avant et l’arrière du vêtement, de façon à ce que le porteur soit parfaitement détectable du lever jusqu’au coucher du soleil. Une fois la nuit tombée en revanche, il convient d’opter pour des équipements rétro réfléchissants. La différence ? La réaction du tissu aux feux des véhicules. Autrement dit, quiconque est pris dans les phares d’une voiture s’illumine et renvoie la lumière à sa source. Le conducteur est averti de la présence d’un piéton sur l’aire de circulation et peut ainsi réagir avec la prudence qui s’impose.

Les bandes réfléchissantes doivent être disposées à l’horizontale sur le torse, les manches et les jambes. Leur emplacement doit permettre de constater le volume et d’identifier facilement un être humain. Par exemple, les bandes au bas d’un pantalon seul peuvent être assimilées à celles d’un plot de chantier. Certains équipements normalement dissociables (veste + pantalon) deviennent indissociables pour répondre à la norme et aux impératifs sécuritaires qu’elle prescrit. L’utilisateur doit être parfaitement protégé : le doute n’a pas sa place lorsqu’il s’agit de sécurité vitale.

Tout é-clair !

La norme EN ISO 20471 préconise le port de vêtements de signalisation à haute visibilité dans les situations dangereuses. Elle précise et décrit les trois classes existantes, ainsi que les caractéristiques qui se rattachent à chacune. La classe 1 correspond au niveau de protection le plus faible et comprend les pantalons portés seuls, les baudriers et petits accessoires (type bonnets et gants). La classe 2 concerne davantage le haut du corps avec les gilets, t-shirts et chasubles. La classe 3 assure quant à elle une visibilité maximale et vise les vestes à manches longues, parkas, combinaisons et ensembles veste + pantalon. La surface de signalisation est proportionnelle au risque. Plus l’environnement présente de menaces pour la bonne détection des travailleurs, plus il convient de porter un équipement bien classé. Les vêtements de classe 1 ne sont recommandés que pour les interventions ponctuelles et de courte durée. Lors d’accidents de la route notamment, le gilet jaune vient en complément du triangle. Utilisé seul, il ne peut être considéré comme un équipement de protection viable. Les professionnels sont tenus d’opter pour des EPI de classe 2 et 3. Parce qu’ils œuvrent au quotidien dans des situations dites dangereuses (obscurité, météo défavorable, nature de l’environnement), ils doivent être visibles à 360°. Le port de vêtements de signalisation est le gage d’une meilleure visibilité, donc d’une sécurité renforcée.

Haute visibilité

Réflexion faite

Avant de choisir un EPI quel qu’il soit, il convient d’analyser l’environnement et de répertorier les risques qu’il présente. Une fois les dangers identifiés, il est facile de déterminer le niveau de protection –donc le type d’équipement nécessaire.

L’utilisateur opère son choix au vu du type d’intervention (nature et durée des travaux) qui l’attend et de l’environnement (zone urbaine ou rurale, couleurs dominantes) où il œuvre. Il doit également tenir compte des attributs du vêtement (emplacement des bandes réfléchissantes, classe) et de son mode d’entretien (résistance à l’abrasion, à la transpiration, etc.).

Une fois mis en service, le vêtement doit rester en parfait état. Parce que la protection qu’il offre repose sur sa propreté et son aspect visuel, il est essentiel qu’il conserve ses propriétés et reste performant de jour comme de nuit. La matière fluorescente et les bandes réfléchissantes ne doivent pas être interrompues ni (même partiellement) recouvertes. Il convient par ailleurs de porter l’équipement fermé pour assurer l’homogénéité visuelle et optimiser son efficacité en situation professionnelle.

Habit de lumière

Le port d’un vêtement de protection reste le port d’un vêtement tout court ! A l’utilisateur de choisir la bonne taille en pensant à l’ajuster selon s’il porte ou non des vêtements civils en-dessous. Chaque profession implique une exposition plus ou moins importante au danger. Si les caristes et agents communaux peuvent se contenter d’EPI de classe 2, le personnel des autoroutes, aéroports et réseaux ferrés (au cœur des flux de circulation, donc) doit quant à lui préférer les équipements de classe 3. L’absence ou le manque de visibilité est à l’origine de (trop) nombreux accidents et/ou décès. Le port de vêtements haute visibilité est une mesure sécuritaire qui permet de signaler la présence des utilisateurs et d’éliminer ainsi tout risque de collision avec un engin en mouvement. Si certains EPI n’emportent pas un franc succès avec des enjeux moindres, ceux-ci impliquent des conséquences qu’il est impératif de prendre en considération. Faire l’impasse sur la haute visibilité, c’est se mettre volontairement en danger. Mauvaise idée.

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